Matériaux et techniques

Techniques locales de construction

Lors de notre voyage, l’un des principaux objectifs était de bien comprendre les techniques locales de construction afin d’en dégager les éléments récurrents pour pouvoir les intégrer et/ ou les réinterpréter pour la conception du Centre d’accueil pour enfants de Sowé.

Dans le village et aux alentours, la plupart des maisons sont construites en terre: soit en bauge, une technique de construction en terre crue par laquelle les murs sont façonnés à la main sous forme de boules. Avec ces boules, les murs sont réalisées par couches de 50 à 60 cm, puis séchés etc…

L’autre technique courante dans le village est la construction en adobes. Les adobes sont des briques de terre crue fabriqués grâce à des moules dans lesquels on jette manuellement de la terre.

La bauge était tout de même la technique la plus utilisée par les artisans du village, c’est en partie pourquoi nous avons décidé d’avoir recours à cette technique.

De plus, certaines essences de bois sont abondantes et ont engendré des savoir-faire spécifiques qui permirent de matérialiser les différentes typologies béninoises comme la paillote, lieu symbolique de discussion et d’échange.

Les bois disponibles sont le teck, l’ébène, le venne… Les structures sont réalisées à partir de ces bois-ci dont les portées faibles induisent une conception particulière, par des assemblages ou des bâtiments étroits.

Les toitures sont réalisés traditionnellement en Chaume et parfois en tôle. La chaume, tout comme la terre, est meilleur thermiquement que les matériaux industriels comme le béton et l’acier et semble plus adapté aux conditions climatiques locales.

Comprendre ces techniques est fondamental pour réaliser un projet ancré culturellement et territorialement et permet à celui-ci de créer une économie circulaire, de capitaux et de connaissances.

Images prise dans la publication «Architecture en terre d’aujourd’hui, LES TECHNIQUES DE LA TERRE CRUE», dans le cadre du projet Terra Award. © creative commons

Matériaux

Murs
Technique de construction Photo
Les parpaings en béton

Les parpaings sont faites sur le chantier avec de moules en bois. Les dimension sont de 40x20x10cm, comme pour les adobes.
La future église protestante de Sowé, commencée en 2008, est aujourd’hui abandonnée car le prix élevé du ciment ne permit pas aux constructeurs et au maître d’ouvrage de l’achever.

Briques banco et mortier en béton

A Sowé, les adobes sont appelées «briques banco», banco siginfiant «terre». Les adobes sont fabriqués dans un moule, avec la terre du site. Ici, les joints sont réalisés en béton, car cela donne une impression de plus grande solidité, ce qui n’est pas forcément le cas. De plus, le béton limite et inhibe les qualités intrinsèques de la terre crue.

Briques banco et mortier en terre

Ici, les joints entres les adobes sont réalisés en terre crue, avec la même terre que pour les briques. Cela tout d’abord de créer une unité visuelle mais aussi de mieux lier l’élément brique et l’élément joint. Un mur entièrement façonné en terre est plus résistant car celui-ci «respire» mieux ce qui, au contraire d’un mur en béton, réduit les risques de fissuration.

Technique Orotchoutchou (bauge)

La bauge, «orotchoutchou» en idaatchaa, est la technique de construction la plus utilisée.
Le murs sont façonnés à la main, sous forme de boules, et sont réalisés par couches successives de 50 ou 60 cm de hauteur. Ces couches induisent les hauteurs des cases du village.

Enduits et enclot
Description technique Photo
Enduit coloré

Dans le centre de santé, construit en béton, et certains magasins, on peut trouver des enduits et peinture colorés. Ces enduits sont réalisés avec du ciment auquel on ajoute des pigments.

Enduit extérieur en béton avec décoration

De nombreux enduits sont réalisés avec du ciment, car ceux-ci donne une impression de meilleure protection contre la pluie. Or, ceux-ci empêche le mur de respirer ce qui peut entrainer à terme des fissuration. Ceux-ci sont souvent réalisés sur les façades les plus exposées à la pluie. On peut distinguer sur la photo ci-contre des motifs réalisés avec une brosse de fer.

Enduit en terre à l’intérieur

Ici, l’enduit est réalisé avec une terre tamisée, extraite sur site. Ce type d’enduit est le plus cohérent avec des systèmes de construction en terre crue. En effet, cela permet une plus grande fraîcheur et une plus grande respiration pour les murs.

Clôture en bois

Un exemple de clôture réalisé en teck. Ce type de mur semi-bois, semi-végétal est une alternative à l’enceinte maçonnée.

Types de toitures
Technique de construction Photo
Système de toiture bois et terre

Les murs en bauge permettent, en plantant des sections de bois sur les parties supérieures du mur, de créer des sur-structures ajourées qui viennent clore un espace sans le fermer complètement, et apporter de la lumière.

Technique locale de isolation feu

Cette technique consiste à créer des faux-plafonds en teck et d’ajouter une couche de terre par dessus. Le raphia résiste à la pression exercée par la terre. Nous avons trouvé cette technique lors d’une visite dans une concession familiale et aussi à l’intérieur d’une case traditionnelle ou, dans ce cas la, elle prend aussi la fonction de dalle.

Charpente en bois de Teck

Charpente traditionnelle en teck. Les sections d’environ 4m induisent une partition particulière de l’espace. . Le teck est difficilement travaillable, avec des sections rondes et irrégulières. Ainsi, les assemblages nécessitent d’autres ajustements et d’autres systèmes d’accroche.

Toiture paillote en paille et teck

Le teck est le bois le moins cher et le plus abondant autour du village. Ainsi, les paillotes sont toutes construites avec cette essence. Les entraxes sont faibles et les plus petites sections sont utlisées comme littelage, support de la toiture en paille. La couche supérieure de la paille doit être changée tous les 10 ans.

Arbres
Description technique Photo
Manguier

Le manguier est connu dans presque toutes les regions tropicales du monde. En Afrique tropicale, il pousse spontanément autour des cases du villages, ou sur le bord des routes: c’est un arbre d’ombrage.

Quinine

La quinine est utilisée pour traiter la malaria. Cette essence se trouve en grande quantité sur la parcelle du projet.
La feuille peut aussi potentiellement être utilisée pour l’enduit, pour protéger la terre lors de l’enduit.

Arbre Egui

L’egui est l’un des arbres communautaires par excellence. Ces racines et son ombre en font un lieu privilégié pour les rencontres et les discussions, dans un lieu intime et frais.
Cet arbre pousse rapidement et seriat important pour la sociabilité dans le centre.

Teck

Le teck est un bois qui se trouve en abondance à proximité du site. Le teck pousse vite et densément. On peut donc mettre en place une petite teckeraie que l’on pourrait entretenir et qui servirait à d’autres projets dans le village voire éventuellement à une extension future du centre.

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